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четверг, 18 февраля 2016 г.

Louise Collet “Schamil” à traduire pour les étudiants de 3-ème année


Louise Collet “Schamil”
J’espère bien, avec l’aide de Dieu, écraser l’armée impériale.
Le Tout-Puissant a donné le glaive pour conquérir et la justice
pour régner; or la Russie ayant oublié la justice, Dieu m’a donné
le glaive pour remettre la justice à sa place.
(proclamation de Schamil aux tribus tscherkesses)
I

Le héros de ce temps si pauvre en héroisme
Où la gloire n’est plus qu’un brillant égoïsme
L’homme énergique et fier qui n’a jamais faibli
Ce n’est O’Connell ou Mehemed –Ali
O’Connell, qui des rois aime singer la pompe
Parle du haut d’un char à la foule qu’il trompe
L’excite à la révolte et ne sait même pas
Où diriger les coups de ces milliers de bras.
Depuis que tout un peuple éperdu lui demande
Du travail et du pain, qu’a-t-il fait pour l’Irlande?
Il exige du pauvre un tribunal annuel
Et lui jette en retour le mot creux du Rappel

Mehemet, fondateur de l’Egypte moderne,
N’ose devenir roi du peuple qu’il gouverne;
Vainqueur, il enchaîna son pouvoir triomphal
Et d’un maître vaincu demeura le vassal.
Tous les deux n’ont montré qu’un vacillant génie;
Sans atteindre le but leur carrière est finie;
Tous les deux légueront à la postérité
Une gloire douteuse, un renom contesté.

La gloire appartient à l’audace;
La gloire est aux aventureux,
Qui savent conquérir leur place
En brisant l’obstacle autour d’eux.
La gloire est au coeur invincible
Qui n’a jamais douté du sort,
Et qui, défiant l’impossible,
Soumet l’impossible à l’effort.

A toi Schamil, à toi cette gloire est acquise:
Chef de quelques tribus, devant toi seul se brise
La puissance du tzar. Tu le fais reculer;
Tout un immense empire est soumis à cet homme;
Comme un dieu malfaisant en tremblant on le nomme;
              Seul tu le fais trembler!


En vain il épuisa menaces et promesses
Pour corrompre la foi de tes braves Tscherkesses,
Il mit ta tête à prix sans trouver le vendeur;
D’un courage nouveau les tribus enflammées
Pour laver cet affront, ont vaincu les armées
            Du barbare empereur.

Tandis qu’il se vantait à l’Europe attentive
D’avoir conquis les monts où jamais il n’arrive,
Toi, vers ses bataillons, dédaigneux te penchant,
Du haut de vos sommets, vierges de tyrannie,
Entouré des guerriers soumis à ton génie,
           Tu répétais ce chant:

II
“ Le tzar jura l’esclavage du monde,
Mais à ce voeu j’oppose un autre voeu:
Quand par le tzar l’injustice se fonde,
Mon bras sera la justice de Dieu!

Pour asservir ces monts inexpugnables,
Où librement vous combattez sous moi,
Il rassembla des hordes innombrables
Que par le knout il enchaîne à sa loi.
Mais son armée immense en vain nous brave;
Nous la vaincrons: l’esprit soumet la chair;
Le soldat libre est plus fort que l’esclave;
Il fait passer son âme dans son fer!

“ Le tzar jura l’esclavage du monde,
Mais à ce voeu j’oppose un autre voeu:
Quand par le tzar l’injustice se fonde,
Mon bras sera la justice de Dieu!

“Quoi! Woronzoff et sa suite princière
Se sont promis nos femmes, en riant!...
Oh! Ce n’est pas à leur race grossière
Que s’uniront ces perles d’Orient,
Pour Woronzoff, Tiflis, tu t’illumines,
Mais au retour tous tes feux s’éteindront,
Et les vaincus cacheront dans les mines
D’un maître ingrate l’impuissance et l’affront.

“ Le tzar jura l’esclavage du monde,
Mais à ce voeu j’oppose un autre voeu:
Quand par le tzar l’injustice se fonde,
Mon bras sera la justice de Dieu!

“Stamboul a vu quelques Grecs qu’il soudoie
Baiser les pas de son fils Constantin,
Lui promettant déjà comme une proie
Le trône usé du sultan qui s’éteint.
L’âme du tzar à ce rêve s’embrasse;
Sur le Bosphore il se voit triomphant…
Non! La Turquie apprendra du Caucase
Comment du tzar un peuple se défend!

“ Le tzar jura l’esclavage du monde,
Mais à ce voeu j’oppose un autre voeu:
Quand par le tzar l’injustice se fonde,
Mon bras sera la justice de Dieu!

“Il sème en vain, pour éblouir l’Europe,
Les faux récits de bulletins menteurs,
La vérité, que son joug enveloppe,
A des échos qui bravent ses fureurs.
Libre témoin d’une lutte acharnée,
Déjà l’Europe a pu juger nos coups;
Pour nous détruire il revient chaque année
Et chaque année il fuit vaincu par nous!

“ Le tzar jura l’esclavage du monde,
Mais à ce voeu j’oppose un autre voeu:
Quand par le tzar l’injustice se fonde,
Mon bras sera la justice de Dieu!

“N’espérant plus faire plier nos âmes,
Ne pouvant pas escalader nos monts,
Il va, dit-il, livrant nos bois aux flammes,
Ouvrir l’enceinte où nous nous enfermons.
Que ses soldats cherchent d’autres vengeances!
Nos bois détruits, ils trouveront nos bras,
Et des forêts de glaives et de lances
Les couvriront des ombres du trépas!

“ Le tzar jura l’esclavage du monde,
Mais à ce voeu j’oppose un autre voeu:
Quand par le tzar l’injustice se fonde,
Mon bras sera la justice de Dieu!”

III
Vous dont le tzar retient la patrie enchaînée,
En entendant ce cri libre et fier de Schamil,
N’avez-vous pas compris que votre destinée
              N’était plus en exil?

N’avez-vous pas compris que dans la Circassie
Un bataillon manquait pour vaincre ou pour mourir,
Et que sous ce drapeau qui combat la Russie
            Vous deviez accourir?

Pour la seconde fois on vous immole à Rome;
L’Europe vous trahit comme le Vatican;
A votre sainte cause il ne reste qu’un homme:
             Schamil le musulman!...

Débris de la Pologne, héroïque phalange,
Pauvres guerriers errants, jeunes, vieux, armez-vous!
Accourez au milieu d’un peuple qui vous venge!
              C’est votre place à tous.

Armez-vous! dans Schamil un héros se révèle;
C’est un chef glorieux digne de votre orgueil:
Peut-être devant lui la Pologne nouvelle
           Va sortir du cercueil!












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